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Retour d’expérience, initiation au ski de randonnée

Week-end initiation ski de randonnée du 21 au 23 janvier 2022 à Valezan (Beaufortain)


Les surprises s’accumulent

Fin 2021, un soir, après une journée de travail, je lis la newsletter de V12 qui mentionne « sortie ski de rando débutant ». Intrigué par cette nouvelle expérience, je propose à un ami. Nous voilà tous les deux inscrits.

Rapidement, une organisation bien rodée s’impose à nous : groupe whatsapp, mails détaillés, listes de matériels, transports, récupération du matériel à la coop-alpi, tableau excel… et un briefing début janvier qui sera rassurant tant sur le matériel (explication par exemple des différentes couches, de la laine au gore tex en passant par la polaire et doudoune, les différents types de gants selon que l’on monte ou descend, …) que sur les randonnées qui seront réalisées (pas de descente en mode go pro red bull).

Un peu avant la sortie, rendez-vous à la coop-alpi, lieu insolite, pour récupérer les affaires (peaux de phoque qui sont en réalité en tissu synthétique, les couteaux… qui sont en fait une sorte de crampon pour ski, un DVA pour détecteur de victimes d’avalanches – un émetteur / récepteur qui permet d’être retrouvé(e) ou de rechercher des victimes en cas d’avalanche, une pelle et une sonde).

Premier jour. Vendredi 10h. Rendez-vous sur un parking transformé en atelier géant à ciel ouvert : on y découvre la façon de mettre les peaux sur les skis, les différentes techniques de réparation, les nouveaux skis d’untel…

Début de la montée. Les skis avec peaux offrent une sensation très étrange en termes de glisse : ça ne glisse pas. Et c’est bien pratique pour monter.

Sur le plan technique, bien qu’intuitif voir réflexe pour notre système vestibulaire, on comprend rapidement que trop s’appuyer sur les battons dans la montée n’est pas la solution : plus on met de force dans ses bras pour ne pas reculer, plus on glisse à reculons. Pour que la peau s’accroche, il faut du poids sur le ski. Je finis par occulter la présence des skis et décide de “marcher”… ça marche bien que le style “spatule” ne soit pas très classe. On explique aussitôt qu’il faut faire glisser son ski pour ne pas se fatiguer, entendre le “jit” du ski sur la neige. On pense avoir compris jusqu’à la première traversée en dévers où un vieux réflexe du ski alpin ressurgit et nous fait déraper : se mettre sur les quarts. Là encore, il faut travailler mentalement pour incliner ses jambes et plaquer les skis au sol pour que le contact entre la peau et la neige soit complet.


Vient le moment de faire une conversion… drôle de nom pour tourner en épingle sur place. Là, les avis divergent sur la technique. Pour certains, il faut garder la jambe tendue, d’autres disent de plier… On finit par y arriver et la technique devient secondaire quand, après un passage en forêt presque fantastique, le paysage s’offre à nous. Une nature presque à l’état sauvage. Des reliefs extraordinaires.

Après la montée vient la descente. Avertissement : “être capable de descendre une piste rouge” est un pré-requis car les descentes peuvent être techniques et il est dommage, en se faisant peur, d’être dégoûté du ski de rando à cause de ça.

Pour ma part, ça faisait 10 ans que je n’avais pas skié et ce n’était pas évident au début. La neige était un peu dure par endroit car il n’avait pas neigé depuis plusieurs semaines. Nous avons toutefois pu trouver un sentier qui nous a permis de regagner le parking tout en descendant facilement.

Avant de rentrer, nous réalisons un exercice intéressant et très important : recherche de victimes d’avalanche. En pratique, pendant les explications sur la manière de procéder, un initiateur va enfouir un DVA sous la neige et un groupe doit le retrouver. La démarche peut être résumée comme suit : travail en équipe nécessitant la désignation d’un leader qui appellera à l’aide et coordonnera la recherche. La recherche se fait en avançant de façon à balayer la zone où la dernière trace de la victime a été vue. Une fois arrivée à proximité de la victime, enfoui sous une couche de neige de plusieurs mètres potentiellement, balayage en croix puis sondage en escargot à partir du minimum (centre de la croix) affiché sur le DVA afin de retrouver la victime. Pelletage en équipe, en V, à l’horizontal en direction de la sonde laissée au point de contact avec la victime.

Débriefing à l’auberge, le soir. Découverte de la méthode 3×3, une méthode pour essayer d’anticiper et gérer les risques en ski de randonnée.

Sur les 2 jours qui suivront, 3 groupes seront constitués à chaque fois : débutant tranquille, intermédiaire et ceux qui veulent en découdre.

On progresse relativement vite car au bout de 2 jours, on peut crapahuter un peu près partout et les seuls éléments intrinsèques potentiellement limitants sont la technique en descente et l’endurance cardiaque.

Les débuts de journée se font à 8h dans la salle de petit déjeuner de l’auberge, “pieds strappés” (soins préventifs des ampoules car ça peut frotter pas mal quand on a des chaussures pas tout à fait adaptées à son pied). Départ de l’auberge vers 8h45-9h pour une arrivée sur le parking commun aux 3 balades. Test des DVA avant de partir obligatoire : on regarde le pourcentage de batterie au moment où on le branche. Le chef de groupe s’avance à 10 mètres puis tous les membres du groupe passent devant lui en mode recherche. Puis réciproquement, le chef de groupe repasse devant toute la troupe qui a switché son DVA en mode victime. Puis c’est parti !

3 jours de plaisir en compagnie de personnes bienveillantes et patientes.

3 jours de paysages fabuleux.

3 jours déconnexion totale.

3 jours d’activité physique.

3 jours de rire, d’apprentissage et de rencontres…

3 jours à refaire.

Points positifs : 

  • bienveillance,
  • organisation résiliente,
  • équipe coordonnée,
  • maîtrise des risques,
  • propositions de lecture pour en savoir plus,
  • transmission d’astuce « bricolage » avec notamment la trousse minimale de réparation.

Point d’amélioration : 

  • uniformiser les “messages” et conseils techniques à destination des débutants,
  • partager les retours d’expérience des sessions précédentes,
  • faire un point “sac-à-dos” avant de partir ; certains semblaient avoir un sac à dos lourd, ou dans mon cas pas forcément très bien rangé (j’avais mis la pelle et les sondes sur les côtés du sac car je trouvais ça stylé, mais en pratique, c’est mieux de les mettre à l’intérieur).

F.


Ce week-end c’était du bonheur ☃️

Je suis partie au week-end avec pas mal d’appréhension et de questions. Vais-je suivre physiquement ? Est-ce qu’il fera beau ? Est ce que je ne vais pas embêter les autres avec mon faible niveau ? Etc, etc, etc… Certaines inquiétudes ce sont confirmées : Oui j’aurais probablement du faire des exercices de musculation des jambes avant de venir et d’autres ce sont envolées instantanément tant la bienveillance et la gentillesse émanaient de tout le monde pendant ces 3 jours.

Débuter, ce n’est jamais très drôle ni facile cependant j’en ressors certes avec des courbatures mais aussi avec la satisfaction d’avoir pu faire une superbe sortie aujourd’hui et l’envie de refaire du ski de rando (peut être un peu plus doucement hihi) !
L’esprit du week-end était vraiment géniale les initiateurs au top et les autonomes toujours prêts à donner des bons conseils. Le soleil était de la partie ce qui m’a permis de découvrir des paysages fabuleux 🏔️. Alors même si les 2 premières sorties se sont faites dans la douleur, ce week-end c’était du bonheur ☃️.

Retour d’expérience, initiation au ski de randonnée

J.

1 commentaire pour “Retour d’expérience, initiation au ski de randonnée”

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